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la statue de Fabisch
la statue de Fabisch

en cette solennité de Notre Dame de Lourdes,

il est bon de garder un œil sur le passé, en toute

modestie et faisant mémoire.

les liens qui unissent nos deux pays sont

particulièrement liés au microcosme marial.

en ce sens Lourdes était un lieu privilégié.

voici donc pour la première fois ensemble les 7

mouvement d'une dance de couple à deux.

- 1 –

Le sculpteur de la statue de la Vierge

Marie

qui orne la grotte était d’origine polonaise.

Józef Hugo Fabiś est né la 19 mars 1812 en Aix en-Provence. Français par droit du sol il est polonais par le sang, son père étant venu d’Andrychowo, en Pologne.

Pour rendre prononçable le « ś » de son nom de famille, qui s’écrit « s » mais se prononce « ch » en polonais, sa famille écrit « Fabisch » à l’état civil. C’est cette orthographe qui figure dans sa signature sur le socle de la célèbre statue de la Grotte des apparitions.

Beaucoup de sculpteurs avait essayé de reproduire avec précision la vision inexprimable de Sainte Bernadette. (Leur multiples échecs ornent les autres coins du sanctuaire. On ne jette pas une statue de Marie. On la recycle.) Mais seul Fabiś, après avoir longuement discuté avec la jeune fille, parvient à immortaliser dans le marbre de carrare l’instant où Sainte Marie a dit « je suis l’Immaculée Conception ».

- 2 –

L’Ave Maria de Lourdes est issu à

l’origine d’un air populaire de Pologne.

On attribue la musique « Les saints et les anges » à Pierre Kunc, compositeur issu d’une famille de musiciens originaire de Cintegabelle (Haute-Garonne) , un auteur de musique reconnu par le Saint Siège.

« Les saints et les anges,

en choeurs glorieux

chantent vos louanges,

ô Reine des cieux. »

or il se trouve que le même air, en plus rapide, se retrouve dans de multiples compositions de l’époque. Par exemple dans la chanson populaire « la petite voisine ». en ce dix neuvième siècle on danse dans le Sud de la France sur du Charles Rieu. On lui doit notamment « La mazurka souto li pin ».

« venez ; que l’heure s’avance ;

C’est fête au mas Escanin !

La mazurka on la danse

Légère à l’ombre des pins ! »

Et justement, les mazurkas ont été apportées en France par Chopin, pianiste en exil à Paris de 1831 à 1849. Il s’agit à l’origine d’un mot masculin (un mazurek) mais qui, décliné dans une phrase prononcé lors de l’introduction à un concert, a du changé de terminaison. En résumé avant Lourdes, il y eu Kunc, avant Kunc il y eu Rieu et, avant Rieu, il y eu Chopin.

Allez tous ensemble.

« Ô Vierge Marie

Le peuple chrétien

À Lourdes vous prie

Chez vous il revient.

Ave, ave, ave Maria ! Ave, ave, ave Maria ! »

- 3 –

Le lieu de refuge des héritiers Renoncé-Chazaux

Encore trop peu connue en France, madame Renoncé-Chazaux était une grande philanthrope très pieuse et très digne, qui refusa une carrière dans l’administration gaullienne pour s’occuper d’une petite fille polonaise qu’elle avait recueillie.

Dans les temps difficiles du communisme, elle récolta et envoya en Pologne de camions entiers de dons divers, que l’Eglise catholique se chargeait de distribuer à une époque où l’on manquait de tous. (voir autres articles sur le communisme)

Malheureusement, la petite fille dû faire face à de nombreux ennemis en France, à cause de ses dons extraordinaires et elles furent contraintes de changer fréquemment d’adresse. Lourdes était l’une de ses régions de cœur.

Marie, qui n’abandonne jamais ses enfants, est même apparue plusieurs fois pour régler des soucis de santé dû à un empoisonnement de la petite fille. Aujourd’hui celle-ci (restée dans la région de Lourdes, après la mort de madame Renoncé-Chazaux, en Pologne) se consacre (en plus de l’aide au prochain traditionnelle) a faire connaître la vie et l’œuvre de son illustre mère adoptive.

- 4 –

Le repaire secret du cardinal Hlond

En pèlerinage dans la cité mariale en 1940, le primat de l’Eglise de Pologne est forcé d’y resté, quand la guerre atteint la France.

Depuis la dispersion de l’armée polonaise (engagée dans la résistance aux quatre coins de l’Europe) et l’exil du gouvernement de Varsovie, il était la plus haute autorité du pays, en vertu de la constitution. A ce titre, les allemands voulaient absolument l’attraper pour lui faire signer la capitulation, ce qui aurait rendue légale leur occupation du pays.

Déguisé en prêtre ordinaire, il réussit à demeurer des années dans la ville qui lui avait ouvert refuge et organisa un réseau de résistance parallèle, grâce à ses contacts resté au pays.

Cependant au plus fort de la guerre, quand même l’archevêque de Cracovie administrait son diocèse « en roue libre » sans aucunes nouvelles de Rome, le primat fut finalement arrêté par la gestapo en 1944.

Il fut le seul membre du sacré collège des cardinaux à avoir subi ce sort, malgré le nombre de prélats catholiques engagés contre le nazisme, mais principalement de manière verbale. Son procès en béatification est ouvert.

Libéré par les américains à la fin de la guerre, il décida de rentrer en Pologne, malgré l’opposition du gouvernement en exil aussi anti communisme que lui. Sur place il s’évertua à reconstruire les structures de l’Eglise dans le nouvel ordre de Yalta, mais mourut peu après, comme beaucoup de prêtres affaiblis par l’emprisonnement.

Peut être que c’est seulement l’air des Pyrénées qui lui avait permis d’atteindre un grand âge dans ces difficiles circonstances. Très engagé auprès des polonais de l’étranger, il est aussi le fondateur de la Société du Christ pour les émigrants de Pologne, éditrice de notre journal.

http://aimez-vous.org/

version papier en vente par correspondance

http://www.ebay.fr/itm/magazine-aimezvous-le-numero-2-2015-/182022320531?hash=item2a61603193:g:bpYAAOSwe7BWvolJ

- 5 –

Le boom économique après « l’effet Jean Paul II »

En pèlerinage dans la cité mariale en 1983 et 2004 le pape polonais a presque autant visité Lourdes que Paris. Ses passages dans la région sont remarqués et remarquables, avec même une vague possibilité d’assassinat islamiste en 2004, étouffée depuis par les services de police.

Comme on le sait, la France fut l’un des pays les plus visités par ce pape, juste après la Pologne et juste avant les Etats-Unis. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il avait une tendre dévotion filiale pour la Vierge Marie, à qui il attribuait sa survie à l’attentat d’Ali Agça.

Il venait donc à Lourdes pour « la remercier ». Sa deuxième visite (la dernière de sa vie) fut présentée par l’une comme la fin de son propre « pèlerinage terrestre » et lui-même, comme un pèlerin parmi d’autres, venu à Lourdes demander encore un peu de santé.

Les effets financiers furent considérables pour la ville, notamment par rapport aux autres années de la décennie, ce qui n’est pas négligeable pour les multiples familles qui vivent des pèlerinages.

En ce sens là, le pape fut pour la région ce qu’il avait été, en janvier 1995 pour la Nouvelle Guinée. Là bas, quand pendant sa visite pastorale il s’était mis à pleuvoir pour la première fois depuis 7 mois, les locaux l’avaient tout de suite surnommé « piri-piri man ».

L’homme de la pluie, un titre à classer désormais quelque part entre Vicaire du Christ, pèlerin de Lourdes, Patriarche d’occident et Souverain Pontife, que notre compatriote a (su)porté avec humour. Hé bien, que la cité mariale s’honore d’avoir su attiré l’homme de l’eau de Lourdes, avec une cordiale hospitalité quasi polonaise.

- 5 –

Sœur Klaudia (Claudine) Csfn

Les vagabonds et vagabonnes de la région lourdaise connaissent tous sœur Klaudia. Cette religieuse polonaise, à l’accent magnifique et à la patience d’ange, est une base d’accueil indispensable pour les gens de passage.

Autrefois à la tête de la mission polonaise de Bartrès, cette nazarétine a ouvert dans les années 90 un centre d’accueil sur deux bâtiments et trois ou quatre étages, dans un ancien hôtel particulier avenue Lagardère.

Il y aura encore des occasions de reparler de sa congrégation, fondée par une polonaise, bienheureuse Françoise Siedliska. Mais la mission sur les coteaux de Bartrés fut juste une étape de la vie de sœur Klaudia…

La particularité de la maison qu’elle a fondée était qu’elle accueillait tout le monde, pèlerins sans le sou, réfugiés tchétchènes, fille-mère ayant gardé l’enfant (et lui ayant donné le prénom que portait sœur Klaudia « dans la civil » .) alcooliques anonymes, personnes âgées sans aucune famille pour prendre soin d’elle…

L’association Bethléem n’eut jamais d’objet social assez strictement défini qui aurait exclut par définition une partie des demandeurs. A ce titre, elle ne pouvait pas facilement coopérer avec les pouvoir publics, qui assortissent souvent l’aide de conditions draconiennes.

Mais en privés, les fonctionnaires reconnaissaient volontiers les mérites de l’existence de cette maison, en y conduisant tous les vagabonds dont ils ne savaient pas quoi faire ailleurs. Des alcooliques sans recours à leur sortie d’hôpital, des sans papiers non coupables d’autres infractions, tous ceux que la police ne pouvait gérer mais qu’elle était sûr que la sœur ne refuserait pas.

Sans aucun soutien officiel, ne vivant que de dons, les protégés de sœur Klaudia se sont depuis réfugiés dans une maison plus petite, après que la congrégation ait vendue la précédente, dans les années 2000. Venu pour les aider, le père Bernard Devert (le fondateur d’Habitat & humanisme) recula face à la difficulté des mises aux normes, aux quelles l’administration conditionnait son aide.

En plus des normes architecturales aux quelles doit satisfaire un local accueillant du public (et pour lesquelles évidemment sœur Klaudia n’avait pas d’argent…) les normes légales imposent un « suivi » à tout administré. Une tonne de papier à remplir à remplir, qui prend le temps, pendant lequel on aurait pu faire quelque chose d’utile.

Plus il y a de personnes à « suivre » plus la tache dépasse les possibilités d’une femme seule. Même quand elle a une maîtrise en théologie des facultés de Toulouse. C’est comme si on avait obligé Jésus à remplir un formulaire à chaque guérison d’un malade…

Pleine d’un humour noir très polonais, sœur Klaudia avait dit un jour que tous les gens qui cette année étaient morts de froid dans les rues de Tarbes et de Lourdes « étaient suivis » par tel ou autre sigle « officiel », mais que cela ne les avait pas sauvé.

- 6 –

Halszka Guilley-Chmielowska

Dans sa jeunesse, Charles Wojtyla fut l’auteur d’une pièce de théâtre à succès, dont le héros était le frère Albert Chmielowski. Il faudrait un livre entier pour présenter le personnage et je n’ai pas la prétention de le faire ici. D’ailleurs Maria Winowska y a réussit, d’une manière difficile à battre, en publiant à Paris une biographie de ce grand homme.

Toujours est-il que lorsque le procès de béatification (le 22 juin 1983) puis de Canonisation (le 12 novembre 1989) de Saint Albert fut conclu positivement, ce fut également grâce à l’apport de Halszka Guilley-Chmielowska, descendante directe de la famille Chmielowski.

Une abondante correspondance en polonais circula entre un village de la région de Lourdes (Argelès-Gazost) et l’état du Vatican. Madame Guilley-Chmielowska, elle-même écrivain et artiste plasticienne, décrivait en détail les mérites de son oncle Albert. Le pape avait une source de témoignage de première main, par une personne de sa langue, de plus.

Pour l’anecdote, comme son grand oncle Albert était peintre, Halszka Chmielowski était photographe. Elle nous a quittés le 27 août 1999 à l’âge de 84 ans mais ses descendants sont eux aussi restés dans la région de Loudres.

- 7 –

Des curés en renforts pour un

peuple français en quête de bergers

Depuis la baisse du nombre des vocations au sacerdoce, les évêques français invitent régulièrement des curés d’autres pays catholiques, pour remplir les tâches pastorales dans les cures vacantes. Lourdes et sa région ne sont pas épargnés par ce transfert de clergé.

Ainsi par exemple, la célèbre procession mariale de 21 heures est dirigée par le curé de Lamarque (vaste ensemble paroissial comprenant notamment Poueyferré aux porte du val de Lourdes) Jan Chylek, dont on reconnaît l’accent polonais au micro entre deux « Ave Maria ».

Signalons dans le même ordre d’idée le père Robakowski chargé du couvent des clarisses. Un puis de science, c’est de lui que je tiens l’anecdote sur la statue de Marie, voir plus haut. Il a aussi le mérité non négligeable de venir de la même région de Pologne que moi.

Le père Slawomir, lié à la mission polonais où il est arrivé l’année dernière, s’est aussi illustré par ses retraites spirituelles destinées à rabibocher les couples en difficultés. Le mouvement de familles catholiques auquel il appartient « vie & lumière » a ouvert à l’occasion sa première antenne en France.

Ce mouvement (portant d’autre nom dont « zoé & phos ») devrait lui aussi faire l’objet d’un article bientôt. D’autres prêtres polonais officient à Tarbes et Pau, mais géographiquement parlant, ils sortent un peu du sujet de ce « top sept ».

L’ancien évêque de Lourdes, monseigneur Perrier, avait dit un jour que s’il le voulait il pourrait faire venir des tas et des tas de prêtres en plus dans le diocèse. La proximité de Lourdes, de la montagne, de la mer aurait constitué un attrait suffisant selon lui pour nombre d’entre eux. Mais ajoutait il mystérieusement des prêtres « comme ça » il n’en voulait pas.

Cela semble la méthode Maximilien Kolbe, préférer la qualité, même en matière de vocation. Voilà pourquoi cette liste en sept points est à la fois tellement courte et tellement pleine.

Tag(s) : #-histoire de la Pologne, #liens avec la France, #grands sites, #polonais célèbres, #topliste

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