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En Pologne la journée de la femme est une véritable institution.

Une prière pour les femmes est dite dans la prière universelle à la messe.

Dans l’église où j’étais aujourd’hui, le curé a même en plus ajouté des vœux pour les femmes à la fin, recevant apparemment des remerciements de la part du public…

Pour le comprendre il faut remonter loin dans l’histoire du pays.

La journée de la femme, quoique un peu instrumentalisée par le régime communiste (qui offrait des fleures aux travailleuses, leur faisait signer un reçu et considérait dés lors qu’elles adhéraient au système, de leur propre reconnaissance…) n’est pas aussi mal vue que la fête des grands-mères en France, toujours marquée du sceau de Pétain.

La République nobiliaire de Pologne avait porté à sa tête une femme de 15 ans devenue Sainte Hedwige qui unifia le pays avec la Lituanie, formant le plus grand état d’Europe, à une époque où le royaume de France se concentrait dans le bassin parisien.

Quinze ans c’est aussi l’âge traditionnel de la maternité de Marie, l’autre « reine de Pologne », selon la terminologie officielle de la litanie que lui dit l’Eglise catholique.

La Pologne reste encore le pays où les écarts de salaires entre hommes et femmes sont les plus bas d’Europe,

seule Malte et la Slovénie font mieux,

voir statistiques officielle d’Eurostat la carte en page 12.

Ceux qui savent comment fonctionne les couples polonais se doutent bien que dans les faits les hommes ne gardent pas vraiment leur salaire entier longtemps…

En Pologne, les membres des deux sexes ont le droit de vote depuis le tout début de l’instauration du suffrage universel, lors de la renaissance en 1918.

Le combat des femmes pour le droit de vote ne faisait qu’un avec celui des hommes.

(Ces derniers étaient autorisé à voter, mais par des étrangers, pour des étrangers et dans des pays étrangers. Comme si le territoire de la France était partagé pendant cent ans entre l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne et que les français ne pouvaient participer aux décisions politiques que dans ces états là, sans avoir le leur.)

Ce combat était tout simplement celui d’un peuple à élire (au sens latin de choisir) son devenir.

Il devait être mené clandestinement et avec le soutien plutôt symbolique des amis éloignés comme la France.

après Victoria Woodhull, Sarah Norton, Alice Paul, Susan Anthony, en Europe

Rosa Luxemburg (selon certains plus lucide en tant que commentatrice de Marx que Lénine) fonde en 1893 le SDKP, parti social-démocrate du royaume de Pologne, alors qu’il faut attendre Martine Aubry pour qu’en France une femme soit à la tête d’un grand parti politique.

Paulina Kraków Radziejowska fonde le premier journal destiné à un public féminin, en langue polonaise, une langue alors mal vue par l’administration des puissances qui occupent le royaume en ce siècle.

Son arrière petite fille, Ursula Kroeber Le Guin, sera selon ses propres dires fascinée, par la Pologne dès l’age de 16 ans (alors qu’elle vivait dans une famille immigrée en Amérique.) mais déviera malheureusement de la tradition familiale féministe, pour devenir une des écrivaines les plus gender friendly.

(Dans ses romans de science fiction les personnages changent de sexe aussi facilement que Vous changez de blogue en surfant.)

Une autre fille de famille polonaise immigrée, Irène Joliot-Curie, sera la première femme à entrer au gouvernement français (avec deux autres ex aequo) en intégrant le front populaire en 1936.

A une époque je Vous le rappelle où les françaises n’ont pas le droit de vote !

Il faudrait en dire davantage, raconter par le menu cette journée où des hommes de tout âge que je croisais allaient porter une fleur à quelqu’une,

où les femmes cheminaient en portant fièrement la ou les fleurs qu’elle avaient reçue…

Les femmes en générale, fille, mère, petite fille, dame et non pas que celles qui ont un amoureux.

Alors que les français sexualisent certaines fêtes et en font un jeu de chimpanzés (moi te donner cadeau toi me donner toi) les polonais restent bons enfants dans leur approche du sujet.

Il faut voir avec quelle fougue Saint Jean Paul deux, auteur de magnifiques poèmes d’amour dans sa jeunesse, parle de la femme dans ses encycliques !

Ne dîtes plus jamais « vagin ».

Dîtes sanctuaire de la formation de la vie.

N’ayez pas peur.

Ayez juste honte quand Vous pensez à mal en pensant à elles.

Tag(s) : #-Wojciech Siudmak, #-histoire de la Pologne

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