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l'héritage polonais de tramp, l'autre tramp, bien + riche


Entre les deux bretelles de la rocade de Wolverhampton vivait un vieil ermite.

vétéran de la guerre 39 45, Joseph Stawinoga de son vrai nom, Fred the tramp était une curiosité touristique connue de toute la ville.

la communauté hindoue de Wolverhampton le voyait comme un sage ascète

et lui apportait des offrandes en nourriture.

la communauté locale de la mégalopole des West Midlands l'avait adopté

avec tendresse, l'affublant du joli sobriquet de Fred, le vagabond

la communauté polonaise, sans doute seule à connaître son vrai nom, le

voyait comme un des siens.(le voyait aussi rarement qu'il sortait.)

Ceux qui ont bien écouté l’hymne des para commandos

(que je Vous ai infligé le 11 novembre pour la fête nationale.)

savent qu’après la bataille de Pologne, une grosse partie des troupes polonaises étaient passée en Angleterre et en Ecosse, d’où elle revient plus tard continuer le combat.

Fred the tramp était de ceux là.

Resté comme bien d’autres après la guerre, pour ne pas s’établir en pays communiste, il

prit femme et vécu dans un relatif anonymat, jusqu’à une mystérieuse révélation mystique.

depuis ce jour il se mit à l'écart du monde des hommes (et des femmes) sans explications.

c'est la civilisation, au contraire, qui revint à lui.

l'extension urbaine de Wolverhampton entoura

son abri d'une bretelle d'autoroute en asphalte.

sans qu'il ne fasse quoique ce soit pour se faire remarquer (à part garder un tas de déchets

de plus en plus impressionnant évacué une seule fois par la municipalité) il fut mis au centre

d'un débat sur la place de l'érémitisme ici bas.

et, en passant, au centre d'une rocade...
lui, imperturbable et hermétique, continua son mode de vie d'avant l'urbanisation.

forçant l'admiration de ceux qui savaient.

un page facebook lui fut même dédiée et rassembla presque 7000 admirateurs de son vivant.

*

ce 15 décembre Fred aurait eu 96 ans.

car oui les meilleures choses ont une fin.

en 2007 le corps sans vie de Joseph Stawonoga fut retrouvé dans sa tente.

la nouvelle de sa mort fit le tour de la ville

et la bbc fit état de quantité de témoignages sur la vie de ce vieux polonais.

mais l'histoire ne s'arrête pas là.

car notre homme laissa en disparaissant une petite fortune de 90 000 livres sterlings

soit environ + de 100 000 euros.

en effet, vomissant l'assistanat socialiste, n'avait pas touché un centime de toutes les

allocations hebdomadaires (pour la petite histoire

en France elles auraient été mensuelles.) qui lui

étaient dues depuis des décénnies.

en l'absence d'hériter naturel, la loi

britannique destinait cette somme à la commune natale de notre héros, ce qui déplaça l'affaire en Pologne.

le village de Krążkowy, près de Kępno, fut donc mélé à l'enquête.

bon, brièvement car il s'avéra vite que la soeur de "Fred le tramp"

a laissait des enfants vivants encore, dans la région de Međugorje ainsi qu'en Allemagne...

(oui j'ai précisé Međugorje pour le référencement de l'article. disons mon cadeau à google.)

*

l'histoire de notre ermite interpelle notre vision de l'humanité.

 

les catégories imposée par le discours français classique sur la pauvreté volent en éclats.

qualifierions nous un homme pesant 100 000 euros de misérable ?

peut on même résumer à ermite polonais un vieux monsieur sorti de Pologne depuis 45 ?

pourtant ce terme s'est imposé. mais anglais aussi serait discutable.

dirions nous sdf ?

mais il avait un domicile, aussi fixe que possible, avec ses moyens.

était il mendiant ?

mais ce n'est pas lui qui quémandait la nourriture, que des gens

de lui apportaient de temps en temps, au contraire lui même

se faisant discret et le moins revendicatif possible.

*

on a bien dû mal a saisir le mystère de l'être humain sans recours à des catégories.

les frontières rigides de celles ci, imposées par la langue, nous rassurent mais aussi

nous séparent bien fréquement

quand elles classent les gens...

souvent, en parlant avec les français, j'ai été étonné qu'ils ne voient pas que certaines mesures comme les pics sur les bancs à leur yeux antipauvres sont en fait antihumains.

chacun de nous vivote à la frontière de la misère.

alors cessons de regarder de haut les "tramps" de tous pays qui gênent tant notre vision.

bien sûr, je sais les préjugés courant en France, je connais le contexte socio truc muche.

bien sûr je sais que le préjugé de classe se double

chez Vous d'un préjugé de race sur les "gitans" ou les "polaks".

bien sûr la fonction de ces catégories langagières,

voire des plus connotées est trop bien remplie, quand il s'agit

de se séparer de ces gens par une défense hautaine.

bien sûr ces mêmes catégories, de la population, font

de même, dans leurs langues,

pour se séparer des français.

bien évidemment on ne peut que rêver, en France,

d'une homogénéité nationale à la polonaise

où la main qui donne et la main qui reçoit serait de la même couleur...

mais pitié, ne renonçons pas à l'homogénéité cofraternelle, au moins...

monsieur Stawinoga, et bien d'autres, nous montre

qu'on peut s'extraire d'une voie trop tracée.

pour la France je rêve d'une nation réconciliée avec elle même ou

les catégories de riche et de pauvre seraient abolies, non pas par

décret, mais par la pensée.

car l'on ne verrait que des

frères et des soeur, pas des "gitans", pas des "mendiants"...

Vous savez... il y a une légende... que nos 2 pays partagent.

celle d'un roi qui circulait sous couvert d'habits de gueux pour mieux voir son peuple...

en Pologne Casimir le grand, en France Henri le vert galant, d'ailleurs en Russie aussi

mais c'est une autre histoire...

*

que cette histoire vraie guide

vers le vrai roi devant survenir

très bientôt. lui aussi est né dans la misère.

les auberges manquaient de place pour lui.

tachons de faire mieux qu'elles.

Tag(s) : #-histoire de la Pologne, #polonais célèbres, #pitié pour les gens, #sous titres en français

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